Portrait de l'artiste

Correspondances

Souvenirs d’enfance du frère aîné, Philippe Jonquière

Pourquoi Zer ? Parce que petit si il y en avait un pour attirer les catastrophes, c’était lui !

    • Le manche du râteau dans les dents,
    • Chute et menton ouvert lors de glissade les mains dans les poches sur la mare gelée,
    • Carreau de fenêtre cassé en shootant dans le ballon dans la maison,
    • Se brûler la bouche en voulant goûter la confiture de Mélanie, etc…

Et  papa pas content punissait car on ne faisait pas attention au petit. La Misère !

En mai 1940. Bombardement d’Arras. Fuite de la famille devant l’invasion allemande. La maman ayant l’expérience de la guerre de 14 emmène toute la tribu (y compris Bonne-maman) à l’abri à Mirepoix, chez bonne- maman. On se sauve avec un dernier train en partance d’Arras. En prime, en gare d’Arras, Alerte au stuka et panique générale. Puis attente. Le train part. Non le train ne part pas ? Faut garder toute la famille ensemble. Ouf ! Le train part. Vogue la galère. Sac à dos et béret sur la tête pour tout bagage.

Pendant ce temps le papa fait son métier d’officier de l’armée du génie à Sedan (sans grand succès).
Nous sommes réfugiés à Mirepoix dans de piètres conditions et en août 1940 nous retrouvons le papa à Perpignan.
J’ai été marqué par cet épisode et je pense que Zer aussi et cela a dû influencer sa philosophie plus tard.

Souvenirs d’enfance du petit frère Bernard- Chon

Voici quelques souvenirs confus sur notre enfance avec Zer.

Nous quittons Arras en 1939, par le dernier train disponible, direction le midi, avec escale à Paris, comme de vrais réfugiés.
Dans le midi première escale à Mirepoix, pendant six mois chez notre Grand-Mère Jonquière, puis Perpignan 1940 à 1943. Papa encore militaire, nous sommes logés à la chefferie du génie.

De 1941 à1942, Zer et Kiki sont envoyés aux séminaires de Carcassonne et de Montauban, pendant la période scolaire, afin d’être nourris correctement, car à Perpignan c’était la disette.

De 1943 à 1945, c’est la remontée à Lille, square du réduit, toujours dans des bâtiments militaires en mauvais état.
Zer et moi-même sommes scolarisés chez les Jésuites à l’école libre St. Joseph de Lille.
Cette période fut mouvementée : restrictions d’occupation, bombardements, mitraillages, Papa et Jean engagés dans les FFI, libération, troupes américaines dans les bâtiments…

Au milieu de tout ce chamboulement, Zer ne tenait pas en place et voulait tout voir, et par des mots d’esprit pleins d’humour il racontait les situations ce qui détendait l’atmosphère.

De 1945 à 1948, la famille quitte Lille pour le Touquet Paris Plage. Zer et Kiki sont envoyés pour la scolarité à Amiens chez notre tante Lili. Le séjour au Touquet a été pour nous tous des vacances balnéaires, où Zer, par ses facéties, en a déridé plus d’un sur le bord de la piscine.

Puis 1948……nous quittons le Touquet pour Hesdigneul les Boulogne. Après un bref passage au collège Mariette de Boulogne, Zer part à Paris pour l’école des arts Décos…    C’est le début de son émancipation du milieu familial.

Zer même de là-haut, fais-nous encore rire, nous en avons besoin.